Philosophie

Pourquoi la philosophie? Parce que c’est le genre de la connaissance humaine qui se rapporte aux questions les plus importantes. Il ne suffit pas de savoir comment un processus se réalise, il faut encore savoir pourquoi. En philosophie, il s’agit donc de répondre à la question sur les causes ultimes de la réalité. Et du moins d’une recherche de cette réponse. L’homme diffère des animaux justement parce qu’il ne se contente pas de la vie dans le cadre des buts déterminés par les instincts biologiques et sociaux. L’homme veut connaître le but et le sens de sa vie.

Cela ne signifie pas que le saisissement du but et du sens doit être exprimé en concepts et jugements, c’est-à-dire qu’il doit avoir le caractère strict, rationnel. Ce peut être un saisissement intuitif, un genre du pressentiment et de l’inspiration, qui est une ouverture sur une solution venant d’un ordre supérieur à l’ordre rationnel. Cette solution est plus difficile à communiquer, mais par contre elle semble être plus plausible parce que l’homme cherche quelque chose de plus grand que lui-même.

La philosophie qui est pratiquée dans l’école Didaskalos se décrit elle-même souvent comme la philosophie noétique. Cette description signifie qu’elle s’adresse à une puissance cognitive humaine la plus haute et la plus parfaite, c’est-à-dire à l’intellect et à son intuition qui par les anciens grecs étaient appelés nous (νοūς) et nόesis (νόησις).

La philosophie noétique se rapporte à un courant de la philosophie classique et dans ce sens, on peut dire qu’elle est classique. Elle profite principalement de la pensée des philosophes anciens (Platon, Aristote, Plotin), médiévaux (Thomas d’Aquin…) et de celle de philosophes modernes et contemporains qui développent l’héritage classique (Jacques Maritain, Étienne Gilson). En dehors des précurseurs, la philosophie noétique possède ses analogies historiques, c’est-à-dire qu’elle est dans une certaine mesure d’accord avec ces philosophies qui sont fondées sur la même découverte de l’intuition noétique (philosophie de Pascal, de Bergson, phénoménologie...).

Comme chaque philosophie classique, elle possède toutes ces parties : la métaphysique (l’ontologie, la théorie de l’être), l’épistémologie (la théorie de la connaissance, la gnoséologie), l’anthropologie (la philosophie de l’homme), l’éthique, l’esthétique... La philosophie noétique, et particulièrement l’anthropologie, s’intéresse beaucoup aux recherches de la psychologie et la sociologie modernes. Car la question sur Dieu et sur la religion est pour elle très importante, elle se rapporte aux sciences bibliques et théologiques. Elle suit les résultats de ces domaines pour en tirer des propres conclusions.

Grâce à sa vision d’en haut, la philosophie noétique est capable de distinguer ce qui se trouve plus bas. Ainsi dans la métaphysique, elle distingue quatre niveaux de la réalité (quatre mondes), dans l’anthropologie quatre niveaux de la nature humaine (quatre dimensions), dans l’épistémologie quatre niveaux de la connaissance humaine et dans l’éthique quatre niveaux de la force appétitive.

métaphysique anthropologie épistémologie éthique
monde des images niveau végétatif quasi-connaissance coercition, pulsion
monde des choses matérielles niveau sensitif connaissance sensitive attrait, plaisir
monde des théories humaines niveau rationnel connaissance rationnelle devoir
monde des êtres spirituels niveau noétique connaissance noétique amour, prédilection

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