Dimension végétale

« La connaissance végétative » – parlant strictement – n'existe pas. Le végétal ne connaît pas le monde extérieur, mais il réagit seulement sur ce qui entre en son intérieur. C'est une sorte de réaction chimique et non le résultat de la réception des informations de la réalité externe (voir le cas des plantes appelées agressives). Cependant, en un sens, on peut dire que la plante connaît et, par conséquent, qu’au niveau végétal s’opère une sorte de connaissance.

On pourrait en effet interpréter la puissance de nutrition comme une sorte de connaissance très primitive. La plante absorbe une substance nutritive qui est extérieure à elle. Elle entre en un certain contact (chimique, biologique) avec elle, si cette substance devient interne, elle devient donc la plante-même. En un sens, on peut dire que la plante « connaît » quelque chose d'autre qu'elle-même.

Une autre puissance végétative – la croissance – de façon analogique, peut être décrite comme celle qui est responsable d'un type d’appétit très primitif qui s’opère dans le végétal (ou dans l'âme au niveau végétal). Dans le cas de la plante, ce qui est désiré, ce n'est pas la réalité extérieure, mais son propre être, qui subit un enrichissement particulier (agrandissement) d’abord de la manière intérieure (par une augmentation du poids de l’organisme et de son développement) et, enfin, de la manière extérieure (par la reproduction – qui est l'objectif de croissance).

Chez les hommes, comme ils ont une dimension végétale et ont, comme les plantes, toutes les puissances végétatives (nutrition, croissance, reproduction), «la connaissance» de la réalité extérieure peut être faite de la manière végétative dictée par les puissances végétatives, qui agissent dans la fonction des pulsions d’autoconservation et de développement de la vie. L’homme « connaît » végétativement, lorsqu'il se concentre sur l'impression, c’est-à-dire la forme cognitive à travers laquelle l’information de la réalité extérieure vient à l’homme. L'impression est simplement un intermédiaire cognitif, cependant, au niveau végétatif, le contact avec elle est vécu comme le contact avec quelque chose qui ne contient aucune information sur l'extérieur, mais c'est elle-même qui est cette information (d’elle même). De cette façon, l'homme, tout en connaissant et désirant seulement de la manière végétative, est fermé en lui-même, dans un monde de ses propres impressions, sentiments et expériences. En ce sens, « la connaissance » ou « l’appétit » végétatifs est la connaissance ou l’appétit du reflet des choses, non des choses. C'est la connaissance ou l’appétit des impressions (intermédiaires cognitifs) comme des impressions.

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