Quasi-connaissance

La connaissance des images, des reflets des objets sensibles et des imaginations (eikasίa), c’est la connaissance végétative parce qu’elle est dérivée des puissances végétatives de l'âme. Parce qu'elle ne fait pas référence à une réalité extérieure, elle n’est pas la connaissance dans le bon sens du terme. Quelqu'un qui connaît ainsi, n’acquiert pas la connaissance de ce qui est en dehors de lui, mais seulement « connaît » ou plutôt assimile lui-même, il saisit ce qu'il y a en lui sans aucune référence à la réalité extérieure. Un tel homme connaît une sensation comme une sensation (un reflet d’objet sensible comme un reflet d’objet sensible) en ne prenant pas l’information d’une chose extérieure, l’information qui est portée par ce reflet (sensation). Il se concentre sur la forme cognitive plutôt que sur ce que cette forme concerne. Par conséquent, « la connaissance végétative » est une assimilation spécifique (sui generis) qui consiste à rester dans le système des signes internes des images. On pourrait dire qu'il s'agit d'un « langage » interne des images, d’associations plus ou moins constantes entre elles. De cette façon, un élément se combine avec un autre élément, qui à son tour se combine encore avec d’autres éléments, en créant une chaîne d'associations. Cette chaîne est un cercle vicieux, où aucun élément n'est primaire, primordial. L'homme à ce niveau est piégé dans le système des images intériorisées qu’il ne sait en aucune manière vérifier.

d