Metaphysique

La métaphysique, qui est appelée aussi l’ontologie, est aujourd’hui une science presque complètement oubliée. Par la plupart des philosophes modernes elle a été exclue du domaine de la connaissance scientifique et traitée comme une réflexion sans relation à la réalité. Les objets de la métaphysique tels que l’être, l’âme, Dieu, la substance – pour les hommes de la science moderne sont devenus des termes métaphoriques, religieux et parfois même ésotériques. Bien sûr parmi les philosophes modernes, il y a des exceptions comme Henri Bergson, Jacques Maritain, Étienne Gilson et d'autres. D’après eux, la métaphysique a gardé sa valeur de la vraie connaissance humaine. Comme pour Platon, Aristote, Plotin, Thomas d’Aquin, ils étaient convaincus que la métaphysique est restée toujours une discipline philosophique centrale, basique et sans doute la plus importante.

Il faut dire cependant qu’entre la connaissance propre à la science moderne et la connaissance propre à la métaphysique classique (on a aussi des métaphysiques non classiques comme par exemple celle de la phénoménologie) il y a une grande différence. La première à l’instar de la connaissance mathématique est basée sur la certitude, la deuxième sur l’évidence simple. La certitude est l’évidence prouvée ou démontrée par la raison humaine. L’évidence simple n’est pas prouvée. On admet quelque chose parce qu’il est évident, bien qu’il n’est pas certain.

Grâce à cette connaissance spéciale on peut distinguer quatre dimensions de la réalité qui constituent le macrocosme. Il faut dire que ce macrocosme est semblable au microcosme, comme jadis les philosophes appelaient l’homme. En l’homme en effet se reflète et se résume tout l’univers, tous ses niveaux et toutes ses dimensions. Chaque genre de la connaissance se rapporte non seulement à chaque niveau (dimension) de l’âme humaine, mais aussi à chaque niveau (dimension) de la réalité. On peut trouver ici également une hiérarchie. Le niveau le plus bas est une copie, un reflet, un calque du niveau le plus haut. Ainsi comme nous distinguons quatre genres de la connaissance (eikasia, pistis, dianoia, noesis) et quatre dimensions de l’homme (végétative, animale, rationnelle et noétique), nous distinguons aussi quatre dimensions de la réalité.

C’est le monde des images (des reflets, des copies, des représentations), qui constitue la réalité la plus faible et la moins parfaite. Une réalité plus forte et plus parfaite est constituée par le monde des choses matérielles. Ensuite, il y a le monde des théories humaines qui est encore plus parfait. Au sommet de cette hiérarchie des êtres, on trouve la réalité la plus complète c’est-à-dire le monde des êtres spirituels.

Quatre genres de la réalité révèlent toute la richesse de l’univers. Ce n’est pas une richesse qui est répandue dans l’espace cosmique, mais c’est une richesse en profondeur. Qui veut trouver la dimension la plus profonde et la plus parfaite doit se plonger dans une recherche du sens, c’est-à-dire une recherche des raisons (causes) ultimes. Ces raisons ne sont pas à la mesure de l’intelligence humaine, donc en tant que telles elles peuvent être inexprimables et inverbalisables. C’est pourquoi Platon et Aristote disaient ici de la nécessite de la contemplation.

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