Psychologie

La psychologie pratiquée à l’école Didaskalos est appelée noétique et s’adresse à la philosophie noétique qui distingue quatre niveaux de la réalité et quatre dimensions de la nature humaine. L'approche psychologique consiste d’abord en une conception du développement de l’homme (ou – comme disaient les anciens – de l’âme humaine). Dans ce processus, on distingue aussi quatre stades. Ces stades se révèlent les uns par les autres. De l'âme où prédominent les traits significatifs végétatifs se révèle l’âme où prédominent les traits significatifs sensitifs. Autrement dit, l’âme animale succède à l'âme végétale et constitue une base pour l'apparition de l’âme rationnelle qui à son tour est succédée par l’âme noétique (spirituelle, intellectuelle).

Le développement de l’homme (de l’âme humaine) a ses conséquences dans le comportement humain. Les défauts, les blessures, les problèmes émotionnels et même psychiques ont leurs origines dans les manques et les arrêts de ce développement. La psychothérapie noétique cherche ces moments de crise et essaye de trouver des solutions pour libérer et guider le développement arrêté. Dans ce travail, on s'adresse à la simple intuition intellectuelle (celle de l’homme et celle d’un psychothérapeute) qui est capable de pénétrer l’âme et voir les vérités déplacées et cachées.

Développement de l’homme

L'âme, comme le corps, est soumise au développement Chaque étape du développement du corps a son équivalent dans une étape du développement de l’âme. En pratique la réalité est plus complexe. L’homme ne grandit pas harmonieusement. Il y a des obstacles qui causent une déficience partiale de l’âme. Il semble que chaque personne possède des « lieux » dans son âme où est arrivée une stagnation au niveau des besoins propres à l’enfant ou même au nourrisson. Ces « lieux » constituent des vraies blessures avec lesquelles nous avons tant de problèmes dans notre vie d’adulte.

L’étape de nourrisson est une période de notre passivité et de notre dépendance. Elle dure jusqu’à six mois. Le nourrisson est distinctement lié avec sa mère et par ses fonctions vitales séparées, les fonctions végétatives, il essaye de garder une certaine indépendance par rapport à sa mère (et aux autres). Il apprend à se nourrir par la bouche (bien qu’il n’est pas capable lui-même de se procurer de la nourriture). Il grandit tout seul. Les fonctions sensitives et rationnelles se développent moins dans cette période. Ce sont surtout les fonctions végétatives qui mûrissent ici d’une façon distincte et visible.

Après cette période primaire, se révèle une autre étape dans le développement de l’âme, c’est-à-dire l’étape d’enfant. L’homme s’installe ineffaçablement au niveau végétatif et maintenant il essaye surtout d’entrer en contact avec son entourage. Ce sont les puissances sensitives qui se développent cette fois de la façon la plus visible. L’enfant apprend différents comportements et grâce à eux il est capable de s’adapter aux exigences de l’entourage. C’est le temps où dans l’enfant se réveillent diverses émotions parmi lesquelles le plaisir est la plus importante, parce qu’il constitue l’accomplissement des puissances appétitives au niveau sensitif.

L’étape d’enfant est succédée par l’étape d’adolescent. L’enfant a déjà appris à se servir de ses puissances sensitives. On peut dire qu’il s’est installé ineffaçablement sur son niveau sensitif (animal). Maintenant ce sont les fonctions spirituelles qui se développent le plus visiblement. C’est le temps de faire de l’ordre parmi les émotions et les soumettre à l’obéissance de la raison et de la volonté. C’est une période consacrée à former diverses vertus. Le jeune homme apprend comment utiliser sa liberté et comment modeler la vie selon ses idées rationnelles.

La période d’adolescence mène à l’étape d’adulte. Dans cette étape, l’homme doit être installé ineffaçablement au niveau rationnel. Il doit posséder toute la gamme des vertus humaines avec, en priorité, la vertu de prudence. Cette vertu fait l’homme capable de vivre responsablement par rapport à sa vie personnelle (avoir des enfants et les élever) et par rapport aux autres. Ce qui développe l’homme dans cette période, c’est une recherche de la sagesse plus grande que celle de la raison et de la prudence humaine. C’est le temps où il doit s’ouvrir à l’ordre surnaturel. Cette ouverture s’exprime souvent par une expérience religieuse. L’homme doit passer ici par un genre de purification progressive de ce qui est temporel (terrestre, naturel). Dans l’étape d’adulte, le corps atteint son optimum et commence à faiblir. Ce processus montre que l’homme doit chercher une possibilité pour garder sa vie dans une autre réalité que la réalité corporelle.

Après cette période, en succède une autre que l’on peut appeler l’étape de maturité. Dans ce temps, l’homme doit entrer dans la profondeur de l’expérience spirituelle qui était initiée au début de la période précédente. Il doit chercher la lumière spirituelle et s’orienter où elle le mène. Il doit avoir une distance ferme, bien fixée envers la réalité temporelle (terrestre, naturelle). Autrement dit, l’homme dans cette période doit avancer grâce aux forces qui le dépassent et surtout grâce à la lumière intérieure qu’il découvre en lui-même. On peut donc appeler cette étape l’illumination.

La dernière période de la vie humaine est l’étape de vieillesse. C’est le temps où l’homme doit se caractériser par la sagesse, et non la sagesse de ce monde (la prudence), mais par la lumière intérieure avec laquelle il doit avoir le contact ferme et stable. Cette expérience donne aux hommes vieux un attrait spirituel et c’est pour cela que leur présence dans la société est toujours irremplaçable. Le vieil homme doit être incliné vers la mort comme un passage obligatoire et proche qui mène à une réalité plus grande et plus parfaite. L’homme doit attendre une union avec Dieu, la réalité ultime où pourront s’accomplir ses désirs les plus profonds.

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