Religion

L’école Didaskalos voit dans la religion un domaine où se trouve une véritable indication qui, d’une façon stricte et aussi efficace, montre la direction de la « solution ». Il s’agit de la solution du mystère de l’homme, c’est-à-dire des « réponses » aux questions les plus profondes qui se révèlent dans la vie humaine. Traditionnellement la religion servait de lieu où les hommes cherchaient, trouvaient et conservaient pour les générations futures ces réponses les plus sérieuses.

On voit que la religion se développe. Cette évolution de la religion nous montre la nature humaine qui grandit (s’actualise) en passant par le stade végétatif, le stade sensitif, le stade rationnel et le stade noétique. Les degrés de ce progrès sont la base grâce à laquelle on distingue des stades de développement de la religion, par exemple (des propositions classiques) : l’animisme (la religion primitive), le polythéisme, le monothéisme – selon Edward Tylor, ou : les religions primitives (orales), les religions polythéistes et les religions de salut – selon James George Frazer.

Dans cette évolution de la religion il y a un moment particulier et révolutionnaire, du moins beaucoup de penseurs le croient ainsi, c’est l’apparition du christianisme. Au-dedans de cette nouvelle religion se passe une autre évolution qui n’est pas toujours un progrès. Elle commence par la vie de Jésus Christ, elle passe par des moments éminents et obscurs et elle se finit aujourd’hui par l’époque que l’on appelle le post-christianisme.

Si on regarde le monde d’aujourd’hui, surtout en Europe, on se demande si la religion se développe réellement ou si plutôt elle se dissout. Il y a des penseurs qui voient dans le christianisme une force sécularisante, un genre de post-religion ou – comme écrit Marcel Gauchet – la religion de la sortie de la religion. Où mène cette évolution de la civilisation humaine ? Est-ce que le processus de la sécularisation signifie la fin de la religion ou plutôt la fin d’une de ses étapes ?

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