Sécularisation

Notre civilisation européenne vit une période complètement nouvelle par rapport à ce qui se passait dans les époques précédentes. La religion était toujours une base de la société. Elle était partout : dans les églises, dans les maisons familiales, dans les palais royaux, dans hôpitaux, dans les écoles, dans l’armée... Aujourd’hui la religion n’est nulle part, sauf dans les églises mais elles sont vides d’hommes.

Il y a déjà plus que 100 ans quand Friedrich Nietzsche demandait : qu’est-ce qu’elles sont, ces églises, sinon des tombes et des tombeaux de Dieu ? Et il affirmait : Dieu est mort, en annonçant la fin de la religion chrétienne dans notre civilisation. Depuis lors, beaucoup de philosophes, sociologues, psychologues et théologiens ont essayé de répondre à ces questions : pourquoi les gens ne sont plus religieux, pourquoi ils ne s’intéressent guère à Dieu, pourquoi ils sont indifférents par rapport aux questions théologiques.

Pour la première fois dans l’histoire du monde, nous sommes en train de nous créer une société sans religion et sans Dieu. Elle n’est pas athée, elle est plutôt agnostique. Les gens ne sont pas contre la religion. Envers elle ils restent neutres, tièdes, ni chauds, ni froids. Ils ont appris à vivre sans relations surnaturelles, sans prières, sans aucun culte. Ce processus s’appelle la sécularisation ou la laïcisation, ou – pour dire plus métaphoriquement – le désenchantement du monde.

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