Sète

Èglise Notre Dame de Thau

663 Boulevard Mendès-France

sète
Séminaire de la sécularisation
Ces cours ont lieu un vendredi par mois : 19h00 – 21h00.
La cotisation (participation aux frais) – 15 euros/session.
Programme dans Google Agenda
6.03.2015 Pendant des siècles les penseurs traitaient la religion comme une base de la vie sociale. On pensait que la société ne pouvait pas vivre sans rapport avec Dieu. C’est Friedrich Nietzsche (1844-1890) qui a montré que cette manière de penser était terminée. L’annonce de la mort de Dieu constituait pour Friedrich Nietzsche une « dynamite » qui éclaterait la civilisation européenne, de même que l’annonce de la résurrection du Christ a changé le monde dans l’Antiquité et le Moyen Âge. Ainsi Nietzsche a saisi un des phénomènes les plus caractéristiques de la Modernité. Qu’est-ce que signifie cette absence de Dieu dans notre vie politique, économique, culturelle, quotidienne et parfois même religieuse ?
10.04.2015 L'un des pères de la sociologie moderne, David Émile Durkheim (1858 - 1917), en observant le développement de la civilisation occidentale, constate l’agonie des dieux anciens et en même temps l’absence des dieux nouveaux. À la place des dieux nouveaux, apparaît une nouvelle forme de religion sans Dieu, ce qu’il appelle parfois une « irréligion » pour marquer son caractère différent sans précédent. Ce n’est donc pas une religion dans le sens traditionnel. Il n’y a plus de Dieu, c’est l’homme ou – pour dire plus exactement – l’individu qui est maintenant l’objet de culte et le centre d'une nouvelle théologie (la science). Ce culte de l'homme – Durkheim explique-t-il – a pour premier dogme l'autonomie de la raison et pour premier rite le libre examen. Cette « irréligion » remplace les religions anciennes dans leurs fonctions sociales, c’est-à-dire qu’elle sert à intégrer des individus dans la morale de la société.
8.05.2015 Dans son livre principal L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme Max Weber (1864-1920) essaie de montrer comment la religion s'oppose au développement économique, politique et scientifique. Il s’agit d’un vrai combat visible et invisible entre la religiosité, qui explique et gouverne le monde par les mystères, et la rationalité, qui rendent le monde conforme à la raison humaine par la science et la technique. En cherchant des explications rationnelles, l’homme supprime de sa vie des explications irrationnelles liées à la religiosité. Il se passe ainsi un processus de rationalisation que Weber appelle le désenchantement du monde.
5.06.2015 Pendant la Seconde Guerre mondiale, en Allemagne, venait au monde une théologie nouvelle. Du fond de sa prison un jeune théologien Dietrich Bonhoeffer (1906-1945), arrêté et mis en prison à cause de sa collaboration à la résistance au nazisme, prédisait l'émergence d'un monde sans Dieu. Après la grande compromission des Églises chrétiennes qui n’avaient pas été capables d’empêcher les totalitarismes de se développer, la civilisation européenne est devenue adulte. Elle était prête à se débrouiller sans ses rapports à Dieu. Ici, en Europe – comme Bonhoeffer l’écrivait– devant Dieu et avec Dieu nous vivons sans Dieu. Jusqu’à sa mort au gibet il développait une idée d'un Dieu faible, non tout puissant, qui est présent dans le monde paradoxalement par la non-évidence de son existence.
25.09.2015 Toutes les religions déforment, trahissent et abîment la révélation qui les fonde. C’est pourquoi il ne faut pas voir dans la sécularisation seulement un danger pour les religions, mais aussi un moyen de leur purification. Telle était la vision de Paul Tillich (1886-1965), un théologien protestant allemand. D’après lui, l’être véritable de Dieu est encore caché devant nos yeux et la sécularisation peut nous aider à ce processus de la révélation divine. Contre la conception traditionnelle de l’existence de Dieu, compris comme un être existant au-dessus des autres, Tillich voit une réalisation du divin dans l’acte religieux lui-même. C’est dans l'auto-transcendance de l’acte religieux que le mystère de l’être se révèle.
30.10.2015 Quelle est la relation entre la politique et la religion ? Est-ce que la politique a besoin de la religion ? Absolument oui – répond Carl Schmitt (1888 - 1985) un professeur de droit et un philosophe catholique allemand. D’après lui la politique sans religion se dégrade. Et pareillement la religion sans politique. D’autant plus que l’état est né de la religion. Le libéralisme moderne qui se caractérise par une prédominance de l’économie et de la technique, élimine de notre société aussi bien la politique (l’état) que la religion. Notre époque est donc marquée par deux processus : celui de la « dépolitisation » et celui de la « déthéologisation ». Et voilà ces deux processus sont responsables de la sécularisation de notre civilisation. Il faut savoir que c’est justement dans l’ouvrage de Carl Schmitt, Théologie Politique (1922), qu'apparaît pour la première fois le terme de sécularisation.
04.12.2015 En opposition à la théologie politique de Carl Schmitt est apparu une conception d’Erik Peterson (1890-1960), un théologien allemand. Dans son fameux livre Le monothéisme comme problème politique, il montre que le christianisme est une sortie de la politique. La foi chrétienne résulte de la liquidation de toute théologie politique. Conformément à la proposition de saint Augustin, il faut bien séparer les deux règnes terrestre et céleste. L’Église, en tant que signe de ce dernier, doit trouver en elle-même le fondement de sa propre autorité. Dans cette perspective la sécularisation n’est plus un processus fatal pour la religion chrétienne, mais un processus qui mène vers ce qui depasse la politique humaine, c’est-à-dire la réalité du règne du Christ.
08.01.2016 Karl Löwith (1897-1973), un philosophe protestant d’origine juive qui était obligé d'émigrer de l’Allemagne, essayait de comprendre les origines des totalitarismes : nazi et communiste. Dans son livre Histoire et Salut il montre que la philosophie moderne de l'histoire est la transposition « sécularisée » d'une théologie chrétienne. Le salut terrestre proposé par les systèmes : nazi et communiste étaient en effet un résultat de la sécularisation de la vision eschatologique chrétienne. Aujourd'hui cette conception de la sécularisation est devenue notre héritage difficile et une source de nos conflits et problèmes. Karl Löwith aimerait s’en libérer en se tournant vers une vision antique où la question principale de l’histoire n’est pas où allons-nous ? mais comment cela est-il arrivé ?
Communautés de l’Église primitive
Ces cours ont lieu un samedi par moi : 10h00–12h00.
La cotisation (participation aux frais) – 15 euros/session
Programme dans Google Agenda
7.03.2015 Communauté de Jésus. Le cercles formées autour de Jésus : les Apôtres, les Douze, les disciples, les amis, la foule. Deux formes d’imitation de Jésus : itinérante et stationnaire. La communauté galiléenne (les pétriniens).
11.04.2015 Communauté de Jérusalem. Les « nazoréens » (disciples de Jésus) et le Temple. Les juifs et hellénistes (juifs grecs). Les Apôtres, les anciens, les sept diacres. Le rôle de Jacques, le rôle de Pierre, le rôle d’Étienne. Le concile à Jérusalem. Les premières missions. La destruction du temple.
9.05.2015 Communauté d’Antioche. Les « chrétiens ». Deux parties de la même communauté : les judéo-chrétiens et les pagano-chrétiens. Le conflit antiochien. La position de Pierre et la position de Paul. Les missions antiochiennes.
6.06.2015 Communauté de Corinthe. La communauté « paulinienne ». Les origines apostoliques. Les prophètes, les charismatiques, les docteurs, les intendants, les missionnaires. La réunion communautaire. L’eucharistie corinthienne.
26.09.2015 Communauté de Rome – comment l’Église de la capitale de l’Empire Romaine est devenu une nouvelle Jérusalem, l’Église qui – selon l’expression de saint Ignace d’Antioche – est sainte, vénérable, bienheureuse, digne d’éloges et de succès, Église toute pure, qui préside à la charité et qui a reçu la loi du Christ et le nom du Père ?
31.10.2015 Communauté de Saint Jean (Éphèse) – pourquoi l’évangile de saint Jean diffère tellement d’autres évangiles ? C’est parce qu’il vient d’une communauté exceptionnelle qui avait sa propre expérience chrétienne, unique, étonnante, profonde. En lisant le quatrième évangile on peut connaître donc la communauté qui l’a écrit.
05.12.2015 Naissance de la structure – comment est née la hiérarchie ecclésiale que nous connaissons aujourd’hui ? Quelles étaient les origines du ministère tripartite : évêques, prêtres, diacres ? Quel était le rôle des ministres itinérants (apôtres) ? Est-ce que les apôtres étaient les premiers évêques de Jérusalem, d’Antioche, de Rome ?
09.01.2016 Esséniens – est-ce que le mouvement juif des esséniens ont influencé les figures principales du christianisme : Jésus, Jean Baptiste, Paul de Tarse ? Qu’est-ce que nous disent de cela les manuscrits de la mer Morte (Qumran) ? Qu’est-ce que nous savons des esséniens grâce aux anciens auteurs juifs (Josèphe Flavius, Philon d’Alexandrie) ?

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